S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

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Benjamin Ouille
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S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

Message par Benjamin Ouille »

Extrait issu d'un rapport produit aux autorités de Pointesable en son temps. Le langage vulgaire et ordurier du témoin a été remanié pour rendre les paroles plus intelligibles avant le versement aux archives de Magnimar.
Voici donc le témoignage de Kormadok Moussechope.

L'étage du manoir
« Veuillez me pardonner si mes propos sont parfois confus et ma mémoire défaillante mais les événements que mes compagnons et moi-même vécurent furent éprouvants à plus d'un titre. Pour notre santé mentale tout d'abord... et je ne suis d'ailleurs pas certain d'être sorti de ce manoir maudit totalement indemne. Mais aussi dans notre chair comme vous l'avez déjà entendu... et ce n'est pas tout.
Or donc, alors que le visage de mes compagnons se couvraient de pustules nous sortîmes de la salle des portraits pour pénétrer dans une pièce servant de chambre et dotée d'un bureau. Là j’eus la vision d'un corps enflammé qui basculait et s’écrasait sur les rochers en contrebas, pressentant que ce corps était celui de mon aimée. Je ne sais plus très bien mais j'ai le souvenir de me saisir d'une dague en argent posée sur le bureau et d'Arannis qui m’interroge sur mon passé, fait étonnant : il utilisait le tutoiement.
Pendant ce temps Smell était dans une chambre adjacente et il nous rapporta la vision d'une femme cachée sous le lit qui lui cria dessus toute sa haine avant de se défenestrer à son tour elle-aussi.
Je crois qu 'ensuite nous avons pénétré, hagards, dans un salon pourvu d'un fauteuil, d'un canapé. La lumière traversait des vitraux exécutés avec finesse représentant des scènes ou des figures cependant effrayantes : un scorpion, un homme décharné accompagné d'une chauve-souris, un papillon toxique portant sur le dos un motif de crâne, des entrelacs de plantes identifiées comme étant de la belladone, une jeune fille aux abords d'un puits surplombée par une araignée lui descendant dessus. Je ne sais plus qui, je crois que c'est Arannis ou Breenie peut-être, qui reconnut en chaque représentation un symbole nécromantique.
Lorsque je pénétrait dans la salle suivante, une chambre, une voix fluette d'enfant me demanda ce que j'avais au visage, je sentis alors ma chair purulente se boursoufler et se couvrir de pustules. Je me grattait rageusement jusqu'au sang avant que ce forfant d'Arannis ne cède à son vice violent et ne m'assène une claque qui me sortit de ma démence. J'eus la chance qu'il ne m'égorge pas. Car ce n'était que cela, mon visage ne portait en rien les affres de la maladie. Je cédais une fois de plus à la folie de ces lieux. De colère je m’emparai d'un lit que je projetai de toutes mes forces à travers les carreaux de la fenêtre qui volèrent en éclats.
Au même moment j'entendis Smell hurler de rage dans une pièce adjacente, mais je n'en sais plus le motif. Alors nous entendîmes provenir de l'étage supérieur, le grenier, des sanglots et une voix hoquetant à travers les pleurs : « Au secours ! ».

Le grenier du manoir
"N'écoutant que notre courage, moi en tête comme de coutume, nous gravîmes les marche 4 à 4 avant de nous retrouver dans un couloir flanqué de portes ouvrant sur des pièces quasiment vides qui servirent sans nul doute autrefois de réserves. La porte du fond était verrouillée et à cause de la mauvaise visibilité je ne réussit point à forcer le mécanisme de la serrure, car n'y voyez nulle malhonnêteté de ma part mais je suis serrurier de mon état. Heureusement la force de mes compagnons Arranis et surtout Smell en vint à bout. Lorsque l'huis céda il laissa place à une pièce exiguë dans laquelle se tenait une figure blafarde: un spectre ! Celui d'une femme, Iesha, gémissant « Libérez-moi ». C'est alors, bien plus par instinct que par un trait de génie qui ne saurait qualifier le barbare, que celui-ci brisa avec sa lame le miroir précieux à coté duquel se tenait le spectre malheureux. A l'instant Iesha fut transfigurée par la colère et un cri sortit de sa gorge immatérielle : « Aldeeeern ! Je vais te tuer ! Je vais te tuer ! » Elle passa en trombe devant nous et dévala les escaliers.
Le grenier était également doté d'un splendide salon lui aussi décoré de magnifiques vitraux représentant d'une part une femme à la peau pâle, aux yeux verts, aux cheveux sombres et tenant fermement à deux mains un bâton en fer. L'autre vitrail avait manifestement subit l'outrage des flammes avant sa restauration partielle : il représentait un homme à la noble prestance portant une couronne d'ivoire et de jade. Le sol portait encore les traces d'un incendie ainsi qu'un télescope brisé . C'est alors qu'une nouvelle vision m'a absorbé : j'entendais une voix de femme suppliante : « Traver, ce manoir te rend fou ! Partons. Tout doit brûler ! ». La douleur que je ressentais me dévorait comme une flamme, elle était si insupportable que je me jetais à travers la fenêtre pour éteindre ce flamboiement dans les flots en contrebas de la falaise, dussé-je en mourir. Heureusement, lorsque je m'écrasait sur le toit pentu en contrebas, la douleur, véritable celle-ci et non fantasmagorique, me rendit la raison juste à temps pour m'accrocher à un épi de faîtage, suspendu au-dessus du vide. Dans cette chute, je perdais mon épée magique et toutes mes économies, celles d'une vie et le terme prend ici tout son sens. Heureusement que mon ami Smellkalf me lança une corde pour m'aider à me hisser, sinon j'aurais lâché prise et me serais écrasé sur les rochers avec les tuiles glissant du toit là où je prenais appui pour remonter. Je lui dois la vie..."

Les souterrains du manoir
"Pendant que nous explorions ce funeste salon, Skol [NdT : il semblerait que ce soit là le surnom du dénommé Arannis dont l'affuble le témoin] et Astal suivirent le spectre dans sa folle course. Ce que je rapporte ici m'a été raconté par lui et reste très confus au regard de l'état mental dans lequel il se trouvait : à savoir sous l'emprise du charme malsain qui émanait de ces lieux. Ils descendirent jusqu'au sous-sol. Astal vit des morsures apparaître sur le corps immatériel de Iesha quand Arannis, avec un sourire apaisé, lui demanda de remonter. Elle s’exécuta. Le prêtre se retrouva devant une porte verrouillée, il entendit alors Iesha, paniquée, l'appeler à l'aide. Puis Skol se voit descendre un escalier interminable, emmené par des goules. Il se souvient sortir de sa transe et avancer à tâtons dans l'obscurité.
Smell et moi-même avons rejoint Astal après avoir descendu un escalier en colimaçon s'enfonçant de 25 mètres dans les entrailles de la falaise. Le palier sur lequel nous débouchâmes était couvert de moisissures et d'ossements, trois passages s'ouvraient devant nous. Nous primes d'abord un mauvais chemin. Nous entendîmes les râles de notre infortuné compagnon et décidâmes de rebrousser chemin et de prendre un nouvel embranchement pour le trouver aux prises avec une moisissure jaune. Après un combat acharné durant lequel je failli périr sous les spores empoisonnées de la créature, Skol fut libéré. Dans ce dédale infesté de goules, nous guidant au bruit d'un ressac, nous sommes arrivés dans un endroit étonnant, nous étions au sommet d'une salle haute de 9 mètres, et qui contenait en contrebas un bassin d'une diamètre d'une trentaine de mètres, l'endroit par lequel nous arrivions débouchait sur une rampe qui descendait en spirale le long des parois vers ce bassin. Nous nous engageâmes sur la rampe, des goules firent irruption d'un couloir adjacent et nous attaquèrent alors que remontaient en sens inverse des créatures que l'on nomme « blêmes ». Le combat était inévitable, nous étions submergés et Smell subit les effets néfastes de ces dernières créatures, il fut paralysé. Nous étions sur le point de succomber au nombre mais encore une fois la férocité du barbare nous permis de survivre lorsqu’il recouvrit ses facultés et déchaîna sa férocité sur les créatures.
En contrebas de la rampe se trouvait la porte qui menait à l'antre d'Aldern Gantrenard. Ou du moins ce qu'il restait du moribond, il était transformé en goule. Dès qu'il aperçut Astal, il s'adressa à elle en ces termes avec une ardeur cauchemardesque : « Mon aimée, te voilà ! Je savais que tu viendrais me retrouver. Mes lettres ont gagné ton cœur. CONSUMONS NOTRE FAIM ! ».
Soudain, il s'élança sur Astal mais Smell s'interposa.
Pendant ce temps Skol parut pris d'hallucinations et se mit à genoux pour dévorer de la mousse. Aldern parut reprendre ses esprits, confus, comme tiraillé entre deux personnalités antagonistes dans une lutte interne et violente : l'amoureux éperdu contre la bête. « C'est pas moi... dans ma tête, il m'a dit de tuer les méchants... il aime l'argent. ».
Puis ses traits se durcirent, son attitude devint hautaine, narquoise et sa voix rauque ne laissa aucun doute sur le plaisir malsain qu'éprouvait la bête à prendre à nouveau possession de ce corps : « L'Ecorcheur vous attend. On va rigoler. Vous souhaitez changer le monde ».
Brusquement, il passa à l'attaque avant de se transformer à nouveau en pathétique créature. Il se dirigea vers un bureau sur lequel se trouvait un tableau, et l'exhiba fièrement. « Astal, mon amour. » Le portrait originel de sa femme, tel un palimpseste, avait été gratté, presque effacé, souillé de mousse, d'excréments et d'autres humeurs que la décence m'interdit de citer pour représenter en une horrible caricature les traits d'Astal.
Sans prévenir, son regard devint à nouveau machiavélique, et d'une voix moqueuse :  « Vous ne pouvez rien contre les écorcheurs !! Ils sont la route. Ils moissonnent les âmes ! ».
Cette fois-ci l'âme d'Aldern avait été broyée définitivement par la puissance malfaisante de la bête et le combat repris violemment. Tous, autant que nous sommes, même Skol le mangeur de mousse, avons contribué à notre mesure à terrasser cette créature et même si, une fois encore, c'est mon adresse aux armes qui à mis un terme à ce combat dantesque en lui administrant le coup de grâce avec une précision et une puissance dignes du plus grand des héros... en toute modestie.
Toute peine mérite salaire comme le dit l'adage, alors nous avons ramassé quelques babioles qui traînaient de-ci de-là. Fait intéressant, nous avons retrouvé des cheveux d'Astal ainsi que les tenailles qui lui avaient été dérobées et dont je ne sais quel usage elle peut en faire en temps normal. Pour ma part, à titre de souvenir cocasse, j'ai gardé ce magnifique portrait de ma comparse."

Sous-sol du manoir
"Nous avons enfin quitté ces souterrains sordides en remontant les escaliers et en ouvrant les portes avec les clefs du trousseau trouvé sur le bureau d'Aldern.
Les efforts et la fatigue nerveuse ont rendu ces derniers instants flous dans ma mémoire.
Mais je me souviens d'une pièce avec, encore une fois, une série de vitraux qui représentaient les étapes de la transformation en liche. Sur le premier vitrail, un homme mince boit un liquide vert. Ensuite, le même homme plus âgé et émacié lève le bras, son corps est pourrissant, sa tête est celle d'un cadavre. Enfin, il se transforme en poussière et entre dans une boîte à 7 faces. Dans cette salle, Arannis eut la vision d'une femme, l'épouse de Vorel qui assiste à l'échec du processus de lichéfaction de son époux Vorel. Celui-ci bu une potion et lu un parchemin, mais selon toute vraisemblance quelque chose ne fonctionna pas dans le rituel et le corps de l'homme explosa, aspergeant le visage de la femme de spores dont le visage se couvrit de pustules. Ainsi le manoir entier devint le réceptacle de l'âme du damné Vorel.
Nous avons traversé une bibliothèque remplie de livres.
Je me souviens de 3 cages à oiseaux avec 1 rat mort dans chacune.

Nous traversons aussi des logements de serviteurs et une cave à vin qui renferme de grands crus dans une cache secrète.
Je me souviens que lorsque nous avons voulu partir du manoir, c'était impossible. Nous sommes restés sur le perron car des milliers d'oiseaux menaçants nous en empêchaient. Ils étaient perchés partout : dans les arbres, sur les rochers... partout. Ils semblaient nous attendre.
Modifié en dernier par Benjamin Ouille le 25/07/2026 à 22:10, modifié 1 fois.
Benjamin Ouille
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Re: S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

Message par Benjamin Ouille »

Bonjour à tous,
Désolé pour ce délai mais j'espère sincèrement que vous vous y habituez.
Concernant la toute dernière partie du compte-rendu après la port d'Aldern, mes notes sont laconiques et ma mémoire me fait défaut... pour de vrai.
Si quelqu'un veut bien me raconter c'est quoi cette vision du vieil homme qui boit la potion déjà ? C'est un vitrail ou autre chose ?
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Don Cortisone
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Re: S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

Message par Don Cortisone »

J'eus la chance qu'il ne m'égorge pas
Mais voyons mon petit Benjamin je t apprécie et Messire de Skolnik apprécie son nouvel ami Kormadok.
Je ne vais pas t égorger :cry:
tel un palimpseste
Purée il cause bien le nain maintenant.
Ah oui c est vrai Astal m a dit de ne pas dire Nain mais "être à la taille ridiculeusement basse"
Un jour le DON te demandera un service que tu ne pourras refuser....
Myelin
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Re: S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

Message par Myelin »

Beau résumé, Mad ! Tu as eu la décence de passer sous silence la bourde de Smell qui laisse échapper la corde qu'il t'avait lancée, causant la perte de tes économies Enfin, le bougre a quand même réussi à te hisser du toit glissant pour te ramener à l'abri dans la chambre...

Tu as aussi mis un voile pudique sur l'épisode douloureux du suicide par égorgement. C'est vrai que le 1er étage était bien glauque !

Voici les BO des visions. Enjoy :siffle:
Benjamin Ouille
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Re: S2E5 La Maison des Damnés (suite... et fin?)

Message par Benjamin Ouille »

Pour l'épisode du suicide par égorgement je ne l'avais pas noté et je n'en ai pas de souvenirs, il y a eu tellement d'épisodes glauques dans ce fichu manoir.
Je modifie juste la fin du CR à partir du sous-sol
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