S2E3 - Même les chiens !
Posté : 13/05/2026 à 10:23
Témoignage d’Astal
A la suite de son interrogatoire, Mad inspecte le corps de Sévilla. Il nous fait remarquer que la morsure correspondrait à la mâchoire d’un humain. La morsure a été sauvage mais non meurtrière, donc un humain non ordinaire pour sûr. Nous explorons les pièces restantes à savoir une cuisine et un atelier de bricolage où nous ne trouvons rien d’intéressant. Les cris et hurlements à l’étage n’ont cessé depuis notre arrivée, nous montons tenant Abe en laisse devant nous. En cas d’attaque surprise, il fera un très bon appât ! Nous débouchons sur une petite allée de cellules. La première détient un rat géant, suivie d’une vide, puis d'une détenant un homme délirant, potentiellement dans le même état que Sévilla avant sa transformation. C’est lui qui fait le plus de bruit. Nous montons encore un deuxième étage qui débouche directement sur un laboratoire. Les outils s’apparentent d’avantage à des objets de torture que d'instruments d’étude. Mad y découvre un passage secret qui ouvre sur un escalier menant directement au palier. Nous poursuivons alors notre investigation en empruntant l’escalier menant au sous-sol d’où ont surgi les goules et le Nécromancien. Il n’y a que deux petites pièces : une cellule vide et une porte fermée à clef. Mad se frotte joyeusement les mains : “Laissez passer, laissez passer l'expert !” En moins de temps pour le dire la porte est crochetée et s’ouvre sur la chambre du Nécromancien. En fouillant son bureau, nous trouvons diverses notes. Ce Nécromancien semblait passionné par la généalogie des goules. Une note évoque l’observation inhabituelle de goules au Sud de Sombrelande. Nous trouvons également 68 pièces d’or, une dague de maître, deux baguettes magiques (elles vont étoffer encore mon fagot de baguettes), une potion de soin, deux potions de soin modérées et une potion non identifiée.
Je lance : "La nuit est tombée, rentrons !” Je suis bien fatiguée et je me languis de retrouver mon lit chaud et douillet. Nous décidons de laisser Abe dans la cellule vide, il ne nous est plus d’aucune utilité, nous préviendrons la Garde de sa captivité pour qu’elle s’occupe de lui à notre retour. Par chance nous trouvons une mule et une charrette au Sanatorium que nous empruntons pour rentrer encore plus vite à PointeSable, merci Desna, gloire à toi !

Nous retrouvons notre compagnon Arannis au Dragon Rouillé. Il fait alors la rencontre de “Dame Breeni” selon ses dires dans un baisemain. Smelk le taquine de ne pas trop approcher l’Halfeline qui est encore très jeune, la candeur d’Arannis le protège de la boutade. Cependant je remarque que le noble se pavane quelque peu en se présentant, mais c’est dans sa nature après tout. Je remarque que Bethana jette un regard noir à Mad quand elle remarque dans quel état tuméfié nous ramenons sa protégée. Je l’avais bien dit que ce n’était pas une excursion pour badauds ! Nous relatons à Arannis nos dernières péripéties. A l’évocation du nom de la Sczarni le silence tombe d’un coup autour de nous. Cela jette un froid pesant et de nombreux regards se posent sur nous. Smelk remarque un homme qui me fixait intensément depuis un moment et décide d’aller le voir, suivi de Mad. Arrivé à sa hauteur, il lui donne une bonne tape dans le dos en lui demandant de se présenter, le pauvre gueux tremble de tous ses membres et ne trouve pas ses mots, il se perd en bégaiements.
“Bon tu vas commencer à capter parce que là on comprend rien !” j’entends dire Smelk d’une voix forte mais calme et posée.
“Hoguart ! Je m’app…ppp…pelle Hoguart! “ répond-il dans un hoquet de peur. Il semble terrorisé et confus. Ils échangent un petit moment, le pauvre homme n’osant plus me regarder mais rougissant, avant de m’appeler. “Tu as un admirateur Astal !” Bien sûr, et c’est loin d’être le premier ! L’idôlatre me réclame une représentation mais je suis exténuée et j’ai remarqué qu’il y a peu de monde au Dragon ce soir, et du reste que de la petite gens, donc vraiment aucun intérêt à performer. Je décline poliment mais sans trainer, j’ai délaissé mon plat chaud qui m’attend. Smelk reste discuter avec lui alors que Mad m’accompagne à table auprès d’Arannis et Breeni, qui reste discrète mais dont je sens aussi le regard émerveillé par notre notoriété. Humfff… cette renommée est parfois lourde à porter je trouve. J’aime briller le temps d’une représentation pour ensuite en ramasser de clinquantes louanges dorées, puis je m’éclipse vite fait bien fait de la foule. Pendant ce temps, Mad et Arannis se lancent des éloges martiales une bonne partie du repas. Je n’arrive pas à savoir si une réelle amitié est en train de naître entre eux ou bien s’ils se complaisent juste dans leurs flatteries respectives. Smelk revient et nous informe qu’il a recruté le villageois adorateur pour être ses yeux à la Musette de l’homme gras et aux alentours de ma chambre. Il part se coucher sans un mot de plus. Arrive alors Sava qui nous rejoint à notre tablée, tout joyeux et plein d’entrain. Il nous apprend que nous aurons prochainement les clefs de notre maison promise, et que la Garde a été augmentée avec tous ces meurtres dans le coin. Il se réjouit de notre retour et souhaite fêter avec nous nos derniers exploits. Nous déclinons car nous avons besoin de repos mais Arannis lui offre des bouteilles de consolation. Il raccompagne Breeni à son logement chez Madame Vachetrie vers 23h, c’est sur sa route pour la Cathédrale.

Avant de me coucher, j’échange une dernière fois avec Mad sur une stratégie pour tenter de piéger mon funeste soupirant. Je ne veux pas rester dans une posture de proie, c’est moi qui vais chasser ce pervers névrosé ! Mad voulait me protéger en assurant ma garde pour la nuit, je lui propose alors de jouer l'appât dans ma chambre pendant qu’il fera le guet dans les alentours extérieurs. J’aurai bien laissé même ma fenêtre ouverte pour tenter d’avantage le dément, mais avec le froid de la saison cela serait trop suspect. Nous nous exécutons. Arrivée dans ma chambre je prends quelques précautions; j’installe quelques pièces de bronze sur les conseils de Mad sur les pas et les poignées des porte et fenêtre de ma chambre, je broie une de mes craies pour en répandre la poussière aux pieds des murs et devant la cheminée, cela pourrait servir en cas d’attaque invisible. Je me change pour être crédible mais je glisse sous mon édredon ma dague. Comme toujours je couvre mon havre-sac de mon filet à clochettes, mais ça c’est pour d’autres raisons. Je me glisse sous la couette, enfin. J’entends la pluie tapoter la fenêtre. J’ai une grosse pensée pour Mad dehors, j’espère qu’il a trouvé un abris.

Le lendemain, je descends plus tard que d’ordinaire car je n’ai dormi que d’un oeil, et la dague était peu confortable. Je n’en dirai rien sachant que Mad a veillé toute la nuit. (C’est lui qui a insisté aussi je dois le préciser !) Je retrouve mes compagnons attablés, accompagnés de Breeni, encore là ? Mais qui s’éclipse avant mon arrivée. Ouf. Smelk est en pleine forme et dévore ses petit-déjeuners allègrement, tandis que Mad dort une chope de bière à la main posée sur la table - encore à demi-pleine ! Quant à Arannis… il est complètement affalé sur la table, la tête tenant à peine sur ses mains, les yeux fermés. Je le crois d’abord malade ou exténué, puis arrivant à sa hauteur les relents d’alcool m’agressent aussitôt les narines. Je n’en reviens pas.
J’offre pour 4 pièces d’argent un repas à Mad en remerciement de ses services cette nuit. Je propose de même à Arannis, plutôt pour tenter de le requinquer, mais il a un haut-le-coeur avant de me répondre que ce ne sera pas nécessaire. En effet c’est trop tôt. Il peine à nous raconter ses ‘aventures'. Je ne sais pour quelles raisons il lui a pris l’idée d’aller boire à la Mixine. (Boire, lui ?!) Puis, malade et saoule dans une ruelle il s’est fait surprendre par la Milice alors qu’il tentait de grimper à un balcon dont la fenêtre ouverte claquait au vent. Je remarque que son armure est quelque peu cabossée par endroit et de petits branchages sont restés coincés de-ci de-là. Nous connaissons déjà les capacités d’escalade de notre compagnon, alors dans un état pareil, facile d’imaginer la ‘chute' de cette histoire ! J’aurais aimé taquiner notre ami sur le sujet, mais le pauvre a l’air de tellement souffrir déjà, je me retiens. Cela dit, on peut reconnaître son sens de l’observation puisque, réprimandé par la Milice qui lui est tombée dessus, il a tout de même fait remarquer l’étrangeté de la scène, ce qui a motivé la Garde à vérifier la sécurité de l’habitant et finalement le découvrir raide mort chez lui. Encore une victime dont le torse a été cisaillé et marqué de l’étoile à 7 branches. Arannis qui était maintenu par la Garde était présent sur les lieux, il a senti une odeur de goule dans la pièce. La fenêtre a été fracassée et une nouvelle note laissée sur place, similaire aux précédentes. Breeni réapparaît auprès de nous et interrompt nos réflexions. Mad l’aurait missionnée pour acheter les gamins des rues et glaner des informations. Service à rendre contre 40 pièces d’or de notre pot commun ! Je suis outrée du pécule fourni aux gamins mais le mal est fait, Mad et Smelk s’étaient accordés visiblement. Elle nous apprend qu’Alderne GANRENARD possède un manoir hanté. Nous avons déjà rencontré ce Noble quelques fois, il m’a courtisée et nous promettait une invitation à la chasse et dans son fameux manoir. Il semblait désargenté vu l’état de sa tenue. J’entends parler d’ASHAVA, une déesse secondaire qui ne possède pas de temple mais des autels, mais je ne sais plus de qui ni pourquoi, j’étais de nouveau absorbée par mon repas.

Smelk et moi enfin repus, nous décidons tous d’aller voir BELLORE pour échanger sur le dernier crime. En route, nous apercevons un attroupement devant la maison de la victime. Un homme vinassé, prénommé MASTER, semble affolé et nous agrippe. Il répète à tue-tête qu’il a subit une attaque avec d’autres fermiers à la ferme des HUMBLéS. “Les épouvantails, ils ont tout bouffé ! Et les chiens, hein, même les chiens !” La ferme se trouverait dans le Sud vers Sombrelande. Nous rassurons l’homme que nous allons voir ce que nous pouvons faire, et nous pressons le pas. Arrivés chez BELLORE, il nous apprend que GANRENARD n’est pas du coin. Il a hérité du manoir qu'il cherche à rénover. C’est une histoire tragique, tous les résidents sont morts dans d’étranges conditions, comme si une malédiction planait sur la demeure. Il y a eu un incendie pendant l’enfance de GANRENARD, les enfants ont pu être sauvés mais les parents sont morts. Ils reposent au cimetière Varisien. Avant de repartir à l’aventure, nous partageons nos dernières trouvailles d'équipement. Breeni va de nouveau nous accompagner puisqu’elle connait la route de Sombrelande. Cela ne me réjouit toujours pas mais encore une fois, je ne m’engage pas à assurer la sécurité d’une novice. L’essentiel du matériel découvert lui est attribué puisqu’elle n’a rien, évidemment ! On nous prête trois chevaux et une charrette pour Arannis et Breeni qui ne montent pas à cheval. Ce sera pratique aussi en cas de paquetage à trimballer, ou de blessés mais je n’espère pas cette option.

Nous longeons la côte vers le Sud, Arannis ronfle bruyamment à l’arrière pendant le trajet. Les chemins sont sinueux à travers les champs, je sors mon carnet et ma plume pour noter nos bifurcations tout en repérant le Nord, pour veiller à ne pas tourner en rond ni nous perdre. Nous apercevons un épouvantail planté à l’intersection de trois chemins. Arannis s’était réveillé entre-temps, et alors que nous hésitons sur la route à prendre, il descend de la charrette et décide d’aller voir de plus près l’épouvantail. Je sors mon arc. Il le toise du regard, sort son épée et tente une petite pique sur le torse bourré de foin. Il se retourne avec un sourire déclarant que tout est normal alors même que l’épouvantail commence doucement à s’animer dans son dos. Mad accoure à cheval pour l’attaquer mais chute dessus lorsque son destrier freine trop brusquement.
“Crénon ! Je me casse la goule sur une goule !” râle t’il en se relevant tant bien que mal alors qu’Arannis invoque un élément de feu. La goule réplique une attaque sur le prêtre. Smelk arrive, donne un gros coup d’épée et coupe l’épouvantail en deux. Le mort-vivant est mort-mort.
Tout cela s’est passé si vite, je n’ai pas eu le temps de tirer de flèche. Dans la mêlée, j’ai préféré lancer une inspiration vaillante sur Smelk qui semble avoir eu quelque effet et j’en suis plutôt satisfaite. Quelqu’un ou quelque chose a eu la brillante idée de camoufler la goule sous un épouvantail. Qui pourrait être à l’origine d’un tel ingénieux stratagème ? Et dans quel but ? Nous poursuivons notre route et nous croisons de nouveau un épouvantail. Cette fois-ci, tout le monde se met directement sur ses gardes à une distance d’environ 10m. Mad sort sa fronde, Smelk son arbalète et moi mon arc. Nous tirons simultanément et nos projectiles atteignent tous la cible. On dirait un concours de tir. L’épouvantail ne bronche pas, une poignée de paille s’échappe. Ce n’est cette fois qu’un mannequin. Nous poursuivons la route jusqu’à tomber enfin sur la ferme des HUMBLéS. Nous descendons de nos montures, Smelk se dirige vers la grange tandis que Mad va vers la maison attenante. Il n’y a aucun bruit, le lieu est désertique, l’atmosphère est lourde. J’ai suivi Mad qui ouvre la porte de la maison et trouve des cadavres odorants, encore affligés de lacérations en forme d’étoiles à 7 branches. Je reste sur la pas de la porte. Il trouve un mot également.
Nous sommes coupés net dans notre inspection, Smelk nous hurle depuis la grange : “GOOOUUULLES !!!!”

A la suite de son interrogatoire, Mad inspecte le corps de Sévilla. Il nous fait remarquer que la morsure correspondrait à la mâchoire d’un humain. La morsure a été sauvage mais non meurtrière, donc un humain non ordinaire pour sûr. Nous explorons les pièces restantes à savoir une cuisine et un atelier de bricolage où nous ne trouvons rien d’intéressant. Les cris et hurlements à l’étage n’ont cessé depuis notre arrivée, nous montons tenant Abe en laisse devant nous. En cas d’attaque surprise, il fera un très bon appât ! Nous débouchons sur une petite allée de cellules. La première détient un rat géant, suivie d’une vide, puis d'une détenant un homme délirant, potentiellement dans le même état que Sévilla avant sa transformation. C’est lui qui fait le plus de bruit. Nous montons encore un deuxième étage qui débouche directement sur un laboratoire. Les outils s’apparentent d’avantage à des objets de torture que d'instruments d’étude. Mad y découvre un passage secret qui ouvre sur un escalier menant directement au palier. Nous poursuivons alors notre investigation en empruntant l’escalier menant au sous-sol d’où ont surgi les goules et le Nécromancien. Il n’y a que deux petites pièces : une cellule vide et une porte fermée à clef. Mad se frotte joyeusement les mains : “Laissez passer, laissez passer l'expert !” En moins de temps pour le dire la porte est crochetée et s’ouvre sur la chambre du Nécromancien. En fouillant son bureau, nous trouvons diverses notes. Ce Nécromancien semblait passionné par la généalogie des goules. Une note évoque l’observation inhabituelle de goules au Sud de Sombrelande. Nous trouvons également 68 pièces d’or, une dague de maître, deux baguettes magiques (elles vont étoffer encore mon fagot de baguettes), une potion de soin, deux potions de soin modérées et une potion non identifiée.
Je lance : "La nuit est tombée, rentrons !” Je suis bien fatiguée et je me languis de retrouver mon lit chaud et douillet. Nous décidons de laisser Abe dans la cellule vide, il ne nous est plus d’aucune utilité, nous préviendrons la Garde de sa captivité pour qu’elle s’occupe de lui à notre retour. Par chance nous trouvons une mule et une charrette au Sanatorium que nous empruntons pour rentrer encore plus vite à PointeSable, merci Desna, gloire à toi !

Nous retrouvons notre compagnon Arannis au Dragon Rouillé. Il fait alors la rencontre de “Dame Breeni” selon ses dires dans un baisemain. Smelk le taquine de ne pas trop approcher l’Halfeline qui est encore très jeune, la candeur d’Arannis le protège de la boutade. Cependant je remarque que le noble se pavane quelque peu en se présentant, mais c’est dans sa nature après tout. Je remarque que Bethana jette un regard noir à Mad quand elle remarque dans quel état tuméfié nous ramenons sa protégée. Je l’avais bien dit que ce n’était pas une excursion pour badauds ! Nous relatons à Arannis nos dernières péripéties. A l’évocation du nom de la Sczarni le silence tombe d’un coup autour de nous. Cela jette un froid pesant et de nombreux regards se posent sur nous. Smelk remarque un homme qui me fixait intensément depuis un moment et décide d’aller le voir, suivi de Mad. Arrivé à sa hauteur, il lui donne une bonne tape dans le dos en lui demandant de se présenter, le pauvre gueux tremble de tous ses membres et ne trouve pas ses mots, il se perd en bégaiements.
“Bon tu vas commencer à capter parce que là on comprend rien !” j’entends dire Smelk d’une voix forte mais calme et posée.
“Hoguart ! Je m’app…ppp…pelle Hoguart! “ répond-il dans un hoquet de peur. Il semble terrorisé et confus. Ils échangent un petit moment, le pauvre homme n’osant plus me regarder mais rougissant, avant de m’appeler. “Tu as un admirateur Astal !” Bien sûr, et c’est loin d’être le premier ! L’idôlatre me réclame une représentation mais je suis exténuée et j’ai remarqué qu’il y a peu de monde au Dragon ce soir, et du reste que de la petite gens, donc vraiment aucun intérêt à performer. Je décline poliment mais sans trainer, j’ai délaissé mon plat chaud qui m’attend. Smelk reste discuter avec lui alors que Mad m’accompagne à table auprès d’Arannis et Breeni, qui reste discrète mais dont je sens aussi le regard émerveillé par notre notoriété. Humfff… cette renommée est parfois lourde à porter je trouve. J’aime briller le temps d’une représentation pour ensuite en ramasser de clinquantes louanges dorées, puis je m’éclipse vite fait bien fait de la foule. Pendant ce temps, Mad et Arannis se lancent des éloges martiales une bonne partie du repas. Je n’arrive pas à savoir si une réelle amitié est en train de naître entre eux ou bien s’ils se complaisent juste dans leurs flatteries respectives. Smelk revient et nous informe qu’il a recruté le villageois adorateur pour être ses yeux à la Musette de l’homme gras et aux alentours de ma chambre. Il part se coucher sans un mot de plus. Arrive alors Sava qui nous rejoint à notre tablée, tout joyeux et plein d’entrain. Il nous apprend que nous aurons prochainement les clefs de notre maison promise, et que la Garde a été augmentée avec tous ces meurtres dans le coin. Il se réjouit de notre retour et souhaite fêter avec nous nos derniers exploits. Nous déclinons car nous avons besoin de repos mais Arannis lui offre des bouteilles de consolation. Il raccompagne Breeni à son logement chez Madame Vachetrie vers 23h, c’est sur sa route pour la Cathédrale.

Avant de me coucher, j’échange une dernière fois avec Mad sur une stratégie pour tenter de piéger mon funeste soupirant. Je ne veux pas rester dans une posture de proie, c’est moi qui vais chasser ce pervers névrosé ! Mad voulait me protéger en assurant ma garde pour la nuit, je lui propose alors de jouer l'appât dans ma chambre pendant qu’il fera le guet dans les alentours extérieurs. J’aurai bien laissé même ma fenêtre ouverte pour tenter d’avantage le dément, mais avec le froid de la saison cela serait trop suspect. Nous nous exécutons. Arrivée dans ma chambre je prends quelques précautions; j’installe quelques pièces de bronze sur les conseils de Mad sur les pas et les poignées des porte et fenêtre de ma chambre, je broie une de mes craies pour en répandre la poussière aux pieds des murs et devant la cheminée, cela pourrait servir en cas d’attaque invisible. Je me change pour être crédible mais je glisse sous mon édredon ma dague. Comme toujours je couvre mon havre-sac de mon filet à clochettes, mais ça c’est pour d’autres raisons. Je me glisse sous la couette, enfin. J’entends la pluie tapoter la fenêtre. J’ai une grosse pensée pour Mad dehors, j’espère qu’il a trouvé un abris.
Le lendemain, je descends plus tard que d’ordinaire car je n’ai dormi que d’un oeil, et la dague était peu confortable. Je n’en dirai rien sachant que Mad a veillé toute la nuit. (C’est lui qui a insisté aussi je dois le préciser !) Je retrouve mes compagnons attablés, accompagnés de Breeni, encore là ? Mais qui s’éclipse avant mon arrivée. Ouf. Smelk est en pleine forme et dévore ses petit-déjeuners allègrement, tandis que Mad dort une chope de bière à la main posée sur la table - encore à demi-pleine ! Quant à Arannis… il est complètement affalé sur la table, la tête tenant à peine sur ses mains, les yeux fermés. Je le crois d’abord malade ou exténué, puis arrivant à sa hauteur les relents d’alcool m’agressent aussitôt les narines. Je n’en reviens pas.
J’offre pour 4 pièces d’argent un repas à Mad en remerciement de ses services cette nuit. Je propose de même à Arannis, plutôt pour tenter de le requinquer, mais il a un haut-le-coeur avant de me répondre que ce ne sera pas nécessaire. En effet c’est trop tôt. Il peine à nous raconter ses ‘aventures'. Je ne sais pour quelles raisons il lui a pris l’idée d’aller boire à la Mixine. (Boire, lui ?!) Puis, malade et saoule dans une ruelle il s’est fait surprendre par la Milice alors qu’il tentait de grimper à un balcon dont la fenêtre ouverte claquait au vent. Je remarque que son armure est quelque peu cabossée par endroit et de petits branchages sont restés coincés de-ci de-là. Nous connaissons déjà les capacités d’escalade de notre compagnon, alors dans un état pareil, facile d’imaginer la ‘chute' de cette histoire ! J’aurais aimé taquiner notre ami sur le sujet, mais le pauvre a l’air de tellement souffrir déjà, je me retiens. Cela dit, on peut reconnaître son sens de l’observation puisque, réprimandé par la Milice qui lui est tombée dessus, il a tout de même fait remarquer l’étrangeté de la scène, ce qui a motivé la Garde à vérifier la sécurité de l’habitant et finalement le découvrir raide mort chez lui. Encore une victime dont le torse a été cisaillé et marqué de l’étoile à 7 branches. Arannis qui était maintenu par la Garde était présent sur les lieux, il a senti une odeur de goule dans la pièce. La fenêtre a été fracassée et une nouvelle note laissée sur place, similaire aux précédentes. Breeni réapparaît auprès de nous et interrompt nos réflexions. Mad l’aurait missionnée pour acheter les gamins des rues et glaner des informations. Service à rendre contre 40 pièces d’or de notre pot commun ! Je suis outrée du pécule fourni aux gamins mais le mal est fait, Mad et Smelk s’étaient accordés visiblement. Elle nous apprend qu’Alderne GANRENARD possède un manoir hanté. Nous avons déjà rencontré ce Noble quelques fois, il m’a courtisée et nous promettait une invitation à la chasse et dans son fameux manoir. Il semblait désargenté vu l’état de sa tenue. J’entends parler d’ASHAVA, une déesse secondaire qui ne possède pas de temple mais des autels, mais je ne sais plus de qui ni pourquoi, j’étais de nouveau absorbée par mon repas.

Smelk et moi enfin repus, nous décidons tous d’aller voir BELLORE pour échanger sur le dernier crime. En route, nous apercevons un attroupement devant la maison de la victime. Un homme vinassé, prénommé MASTER, semble affolé et nous agrippe. Il répète à tue-tête qu’il a subit une attaque avec d’autres fermiers à la ferme des HUMBLéS. “Les épouvantails, ils ont tout bouffé ! Et les chiens, hein, même les chiens !” La ferme se trouverait dans le Sud vers Sombrelande. Nous rassurons l’homme que nous allons voir ce que nous pouvons faire, et nous pressons le pas. Arrivés chez BELLORE, il nous apprend que GANRENARD n’est pas du coin. Il a hérité du manoir qu'il cherche à rénover. C’est une histoire tragique, tous les résidents sont morts dans d’étranges conditions, comme si une malédiction planait sur la demeure. Il y a eu un incendie pendant l’enfance de GANRENARD, les enfants ont pu être sauvés mais les parents sont morts. Ils reposent au cimetière Varisien. Avant de repartir à l’aventure, nous partageons nos dernières trouvailles d'équipement. Breeni va de nouveau nous accompagner puisqu’elle connait la route de Sombrelande. Cela ne me réjouit toujours pas mais encore une fois, je ne m’engage pas à assurer la sécurité d’une novice. L’essentiel du matériel découvert lui est attribué puisqu’elle n’a rien, évidemment ! On nous prête trois chevaux et une charrette pour Arannis et Breeni qui ne montent pas à cheval. Ce sera pratique aussi en cas de paquetage à trimballer, ou de blessés mais je n’espère pas cette option.

Nous longeons la côte vers le Sud, Arannis ronfle bruyamment à l’arrière pendant le trajet. Les chemins sont sinueux à travers les champs, je sors mon carnet et ma plume pour noter nos bifurcations tout en repérant le Nord, pour veiller à ne pas tourner en rond ni nous perdre. Nous apercevons un épouvantail planté à l’intersection de trois chemins. Arannis s’était réveillé entre-temps, et alors que nous hésitons sur la route à prendre, il descend de la charrette et décide d’aller voir de plus près l’épouvantail. Je sors mon arc. Il le toise du regard, sort son épée et tente une petite pique sur le torse bourré de foin. Il se retourne avec un sourire déclarant que tout est normal alors même que l’épouvantail commence doucement à s’animer dans son dos. Mad accoure à cheval pour l’attaquer mais chute dessus lorsque son destrier freine trop brusquement.
“Crénon ! Je me casse la goule sur une goule !” râle t’il en se relevant tant bien que mal alors qu’Arannis invoque un élément de feu. La goule réplique une attaque sur le prêtre. Smelk arrive, donne un gros coup d’épée et coupe l’épouvantail en deux. Le mort-vivant est mort-mort.
Tout cela s’est passé si vite, je n’ai pas eu le temps de tirer de flèche. Dans la mêlée, j’ai préféré lancer une inspiration vaillante sur Smelk qui semble avoir eu quelque effet et j’en suis plutôt satisfaite. Quelqu’un ou quelque chose a eu la brillante idée de camoufler la goule sous un épouvantail. Qui pourrait être à l’origine d’un tel ingénieux stratagème ? Et dans quel but ? Nous poursuivons notre route et nous croisons de nouveau un épouvantail. Cette fois-ci, tout le monde se met directement sur ses gardes à une distance d’environ 10m. Mad sort sa fronde, Smelk son arbalète et moi mon arc. Nous tirons simultanément et nos projectiles atteignent tous la cible. On dirait un concours de tir. L’épouvantail ne bronche pas, une poignée de paille s’échappe. Ce n’est cette fois qu’un mannequin. Nous poursuivons la route jusqu’à tomber enfin sur la ferme des HUMBLéS. Nous descendons de nos montures, Smelk se dirige vers la grange tandis que Mad va vers la maison attenante. Il n’y a aucun bruit, le lieu est désertique, l’atmosphère est lourde. J’ai suivi Mad qui ouvre la porte de la maison et trouve des cadavres odorants, encore affligés de lacérations en forme d’étoiles à 7 branches. Je reste sur la pas de la porte. Il trouve un mot également.
Nous sommes coupés net dans notre inspection, Smelk nous hurle depuis la grange : “GOOOUUULLES !!!!”

