[PN2] - Résumés

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Telenn
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Message par Telenn »

Hé le Chacal ! Tu dégages avec ta bande de chacals ! Mais ça fait 2 fois « Chacal »… (29/03/2022)

Au lendemain de la beuverie, alors que tout Nassau ronfle encore, van Aarde, une corbeille de fruits en présent, vient prendre des nouvelles et discuter un peu. Emdswijk est avec lui.
Il souhaite réunir les deux équipages sur la plage le soir pour parler du passé et du futur. Maugemeur lui annonce que Jennings a des plans. Mais le sourire de van Aarde indique qu’il est déjà parfaitement au courant des plans en question. Corentin demande au hollandais s’il souhaite s’allier avec Jennings : van Aarde est surpris de cette question, comme si la réponse était évidente, et dit que ça fera aussi partie de la discussion du soir.
En attendant, les pirates passent le temps en diverses activités. Maugemeur s’instruit en lisant un traité de signalisation. D’autres s’entrainent et se forment. Corentin parcourt tout Nassau pour trouver un fusil de boucanier. Mais il fait chou blanc. Ce genre d’armes est trop rare et trop convoitée.
En faisant son travail de renflouement des victuailles et autres réserves de la Résurrection, Kabouácoüatiti constate que van Aarde provoque pas mal de réactions : son retour, la capture de la frégate, l’équipage hétéroclite.

Quand vient le soir, les équipages bigarrés de la Résurrection et du Gelukkige se retrouvent sur la plage. L’ambiance est plutôt joyeuse. En dehors des indiens des marais, tous les pirates de toutes ethnies sont mélangés. Emdswijk est tellement joyeux d’avoir retrouvé son capitaine, qu’il ne se départit pas de son sourire. Il en va de même pour les autres hollandais. Le repas est arrosé de madère généreusement offert par van Aarde et de whisky apporté par les pirates de la Résurrection.

Au milieu de la fête, deux personnes approchent : John Wills et Jennings, seuls, sans leur équipage. Ils se joignent aux fêtards. Jennings salue chaleureusement van Aarde.
Après les banalités festives, van Aarde se lève, sa chope en étain à la main. La même expression étrange qu’il avait arboré plusieurs fois auparavant, apparaît de manière fugace sur son visage. Le feu éclaire le capitaine d’une lueur orangée, qui lui donne une allure d’un autre monde. Après un silence qui paraît durer une éternité, il allume un cigare et entame son récit.

Il commence par lever son verre pour ses compagnons tombés au combat face aux espagnols. Ceux de son équipage lèvent leur verre aussi, et sans se forcer. Puis le hollandais enchaine sur sa déception : Maugemeur et ses amis qui l’ont abandonné, tout comme ce chien de Winthorpe. Ni les pirates de la Résurrection, ni Emdswijk ne comprennent… Mais van Aarde ajoute que c’est là ce qu’il pensait en revenant d’entre les morts… Son salut lui est venu des indiens des marais qui l’ont sorti de la vase et qui l’ont conduit dans leur antre. Leur chaman a usé de sa magie pour guérir son corps et son âme. Du processus, il lui en reste des cicatrices qu’aucune médecine ne saurait apaiser : physiquement et mentalement. Son regard semble encore se perdre… Une chose hantait alors son esprit : se venger de Maugemeur et Winthorpe. Souhaitant que chacun garde son sang-froid, Carpenter fait des signes aux hommes d’équipage qui s’échauffent un peu. Cunningham est d’ailleurs presque debout quand un Calusa lui met la main sur l’épaule pour le calmer. Cela semble réfréner le pirate.
Le hollandais poursuit son récit. Alors qu’il trompait la mort – il fait un clin d’œil à Maugemeur – quelques hommes fidèles, en compagnie de Calusas, l’ont recueilli. Hopikita lui a alors révélé ce qu’il s’était passé et van Aarde a compris et son esprit s’est apaisé. Mais il avait à présent une dette envers le chef Calusa. Il a donc voulu libérer les prisonniers indigènes des espagnols. Le hollandais a monté un groupe qui a passé plusieurs jours près des camps. Les libérateurs ont profité d’une brèche dans la sécurité et ont opéré une manœuvre sanglante. Ils ont fait main basse sur du rhum, de l’or et un sloop espagnol. Quand tous les spectateurs rient de bon cœur et de satisfaction, van Aarde les nargue : « Voilà tout ce qu’il vous suffit ? ». Apparemment, pour la plupart : oui !
Mais bien mieux que cela : le hollandais trouve amusant de voir qu’un humain peut être loquace quand sa vie est en jeu. Quelques espagnols ont rejoint l’équipage pour retourner à San Augustin. Il fallait agir rapidement : localiser la cible, former l’équipage. Pour faciliter les choses, van Aarde n’a pas hésité à utiliser l’or amassé lors de l’attaque du camp. Et c’est ainsi que la frégate de Montoya devint celle de van Aarde. L’hidalgo devait être fou de rage… Une lueur de malice éclaire à nouveau le visage du hollandais.
À l’issue des aventures à San Augustin, ceux qui ont goûté à la vie de pirate ont décidé de continuer leur route avec le hollandais.

Aujourd’hui, van Aarde n’en veut plus aux pirates de la Résurrection. Il parcourt l’assemblée du regard en s’arrêtant plus longuement sur Maugemeur, Bocanegra et Carpenter. Le hollandais interroge ces derniers à propos de Winthorpe. Apparemment, il est parti… Et c’est aussi bien. Van Aarde est on ne peut plus d’accord avec Maugemeur.

L’ambiance s’étant grandement réchauffée depuis la tension créée par van Aarde en début de soirée, Jennings vient embrasser le hollandais. Un profond respect semble les lier. Quant à lui, Wills a l’air plus intéressé de lier connaissance avec les indiens.

Quels sont les projets de van Aarde ? Les mêmes que ceux de Jennings : un accord qui tient encore et qu’il compte bien mener à son terme. L’or espagnol tend ses bras et il est temps de s’organiser pour le récupérer. L’or maudit, selon Maugemeur. Van Aarde réplique que l’or est maudit pour ceux qui en font mauvais usage. Trompe-la-Mort rétorque que quand plus d’hommes en meurent qu’ils n’en profitent, il est maudit.
Van Aarde ne partage pas cet avis. Il s’est servi de l’or pour libérer les hommes du joug de Montoya et de la couronne espagnole. Pour ponctuer les mots de son nouveau capitaine, un espagnol se lève et jure fidélité à l’équipage du Gelukkige !
Selon van Aarde, ce n’est pas parce qu’un ouragan a balayé les navires que l’or est maudit. Jennings rebondit : ce projet remonte à fort longtemps, puisqu’il en avait parlé à Current et à van Aarde. Il n’attendait plus sa venue, mais son retour relance le projet.

L’équipage de la Résurrection pourrait être convaincu de rejoindre la chasse à l’or, par de nouvelles informations de la part de van Aarde. Le hollandais sort de sa manche un croquis sommaire sur lequel se trouvent les défenses du camp de Palmar de Ays. 3 épaves y ont été repérées : la Nuestra Señora de la Nieves, la Nuestra Señora de la Conceptión et la Nuestra Señora del Carmen y San Antonio.
Van Aarde a cherché à confirmer les informations et y est parvenu au travers de plusieurs sources. En protection du camp, deux tartanes armées font les allers-retours vers une flûte qui charge l’or avant de retourner vers les colonies espagnoles.
La quantité d’hommes en capacité de se battre serait de 45 sur le camp principal et 15 sur le camp secondaire. Ces hommes travaillent aussi au chargement de l’or. Il y a, en plus, des esclaves Calusas et noirs. 3 canons sont disposés à terre dans le camp principal. Mais il faut aussi compter sur les marins embarqués sur les navires.

Sans revenir sur le manque de décision des pirates de la Résurrection, tous se penchent sur un plan pour attaquer les camps et récupérer l’or…

Pour faire pencher encore plus la balance en faveur des pirates, Jennings dit qu’il faudrait convaincre le capitaine John Martel. Et il serait bien que l’équipage de la Résurrection se décide. Van Aarde rappelle l’accord… histoire d’influencer la décision de Maugemeur. Ce dernier confirme qu’il aurait du mal à vivre avec une promesse non tenue. Mais cela ne concerne que lui et il ne peut pas parler pour tout l’équipage.
Jennings et Wills ne sont venus qu’en invités et seuls. Et il leur faut rallier d’autres hommes.

Pour l’instant, le projet rassemble 4 équipages, soit 220 hommes. C’est insuffisant pour s’occuper des 4 cibles. Et l’alliance a besoin d’informations plus fraiches, d’autant que la Havane renforce la présence à cause de la concentration d’or dans la zone. D’un autre côté les hommes déjà présents sont certainement épuisés. Jennings se demande si les espagnols de van Aarde ne pourraient pas jouer les loups dans la bergerie.

C’est alors qu’on demande leur avis aux pirates. Le premier à être interrogé, certainement parce qu’il reste un peu en retrait, Corentin annonce qu’il n’est toujours pas pour la quête de l’or. Mais tenir une promesse : oui, évidemment. Kabouácoüatiti avance qu’il s’agit de fondre sur les espagnols pour le bien commun de Nassau et de la piraterie. À la surprise générale, Champigny partage le désintérêt de Corentin pour l’or. Lui-même est plus intéressé par la perspective d’aventures plus palpitantes : par exemple, courir les mers vers les Antilles et chasser là-bas.
Carpenter demande un vote à main levée : une grosse majorité valide la décision de rejoindre l’entreprise. Les moins concernés étant les anciens esclaves.

Maugemeur et le conseil restreint se déplacent officiellement vers Jennings, Wills et van Aarde pour se joindre à l’expédition. Tous se réjouissent de la décision et entérinent l’acte avec du rhum et du madère. Ils ont aussi bon espoir de rallier Hornigold. Van Aarde se charge de le convaincre, grâce à ses relations passées avec lui. Et l’équipage de Maugemeur lui servira de soutien.


2 jours ont passé. Les conseils de nombre d’équipages se sont réunis. Les bassines de punch sont prêtes. Tous les grands capitaines sont là ainsi que d’autres plus obscurs.
Les présentations sont faites. Les questions sont soulevées : quantité d’or, forces en présence, tactique et défenses… Finalement, il n’y a pas tant de pirates qui se prononcent en faveur de l’expédition.

Un homme d’Hornigold fait son apparition et jette un froid sur la réunion : un certain Winthorpe arrive… Sans même laisser le temps au messager de se pousser, le Chacal entre avec ses deux bras droits. L’accueil est glacial et lugubre. Maugemeur crache même au sol. Cependant, Hornigold fait un effort et prend sur lui de l’accueillir le plus convenablement possible.
Winthorpe exige de participer à l’action avec son cotre et ses 35 hommes d’équipage. Il vient de la Tortue où il a passé du bon temps. Il est complètement partant pour l’expédition et, en regardant van Aarde, il jure fidélité au projet et promet de se comporter en vrai pirate.

Comme il avait pu le faire auparavant, Corentin exprime ouvertement son dégoût de Winthorpe. Ce dernier proclame avoir réglé ses dettes. Mais la vigie fait remarquer que la dette n’est pas réglée pour tous, en regardant van Aarde. Ce dernier affirme vouloir régler ses différends, mais plus tard. Pour Maugemeur, l’aversion qu’il a pour Winthorpe, le pousse à déclarer clairement qu’il refuse de partager l’aventure avec le Chacal. Puis il se lève pour quitter la réunion. Corentin et Kabouácoüatiti le suivent, ainsi que bon nombre de pirates de l’équipage.
Van Aarde vient aussitôt rechercher les hommes. Il propose de laisser Winthorpe rejoindre l’expédition et ajoute, avec espoir et un sourire entendu, qu’un accident est vite arrivé… Mais Maugemeur insiste et refuse catégoriquement de travailler avec lui. Dans ce cas, van Aarde propose de mettre un véto pour la participation de Winthorpe.

Finalement, le groupe revient à l’assemblée, en plein brouhaha. Le silence se fait aussitôt. Winthorpe a un sourire jusqu’aux oreilles, l’air très sûr de lui. Jennings est en retrait et observe. Tout comme Wills. Hornigold essaie de garder contenance. Cockram a la même posture que Winthorpe mais avec un regard qui jette des éclairs envers ce dernier. La Buse est très détaché. D’ordinaire peu loquace, Martel prend la parole et refuse qu’une enflure de cette sorte fasse partie de la coalition, même si lui-même ne sait pas s’il participera au projet.
Winthorpe réagit aux propos de Martel en lui lançant un regard haineux. Van Aarde soutient Martel, tout comme Maugemeur. Le hollandais va jusqu’à menacer le Chacal d’un duel sur la plage…
Jennings propose à Winthorpe de retourner à ses activités à la Tortue ou ailleurs, pour le bien commun.
Hornigold finit, de manière polie, par inviter Winthorpe à quitter l’île. Mais Winthorpe confirme que le duel tient toujours. Sauf que ses deux sbires le retiennent et le font sortir avec difficulté, sous les rires railleurs de La Buse et Martel.

Corentin décide de suivre discrètement Winthorpe, laissant les autres à l’assemblée. La vigie constate que les trois types vocifèrent. Winthorpe retourne à sa chaloupe et rejoint le San Cristobal qui met les voiles. Corentin file au fort et tente de discerner la direction prise : plein ouest.

À la réunion, les discussions reprennent, plus sereinement. Afin de rallier les autres capitaines, Maugemeur utilise les valeurs pirates et la corde sensible, tandis que van Aarde utilise à la fois les faits et le rassemblement d’ethnies et de nations si bigarrées.

Hornigold et Cockram se rallient. Martel refuse. La Buse reste indécis. Même sans la Buse, il y a déjà 400 pirates qui participeront à l’expédition.

La décision est fêtée. Mais il restera la chasse-partie à rédiger et une date à trouver pour le départ et tout un tas de détails à régler.
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Préparatifs (18/05/2022)

Vendredi 8 novembre 1715
Pendant plusieurs jours, les pirates de Nassau s’occupent à préparer l’expédition contre le camp espagnol de Palmar de Ays. Les points qui ressortent sont les suivants : espionnage et renseignement, modifications du navire, entrainement des marins à la navigation et au combat, tant sur mer que sur terre (entre autres les tactiques de guérilla des Calusas et des indiens des marais), poursuite de Winthorpe, ralliement des indiens, préparation des phases tactiques, préparation d’explosifs pour saboter les navires, infiltration du camp grâce aux espagnols de van Aarde – voire Sandro – et aux Calusas.
Van Aarde confie une information importante qui permet de donner un peu plus de temps de préparation aux pirates : courant octobre, la météo était particulièrement néfaste et les espagnols ont pris du retard dans les opérations de récupération de l’or.
De son point de vue, Jennings positionnerait l’attaque aux alentours de la fin du mois de décembre.

Après avoir mis en commun les idées, les équipages s’organisent et se répartissent les tâches.
La Résurrection met les voiles vers la Havane avec une partie des pirates de Maugemeur. Les autres restent à Nassau pour s’entrainer.
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Message par Telenn »

Buena Vista Pirate Club (15/06/2022)

Mardi 12 novembre 1715
La Résurrection file vers la Havane à toute vitesse sous des vents favorables.
Le débarquement se fait par les terres pour éviter tout risque d’être reconnus par les autorités, suite à la dernière visite des pirates mais aussi vis-à-vis du navire qui a été pris aux espagnols.

Samedi 16 novembre 1715
Il est 16 heures quand la Résurrection approche de la colonie espagnole. Il y a pas mal de monde à l’extérieur de la ville. Et tous ces gens se dirigent vers la cité, à cheval, en voiture ou en chaises à porteur. Le gratin cubain débarque.
Côté mer, plein de navires envahissent la rade et les douanes semblent débordées. La majorité est composée de caboteurs.

Que se passe-t-il donc à la Havane ? Une fête ? La visite d’un notable du continent ? Sandro est persuadé qu’il s’agit de festivités pour la fin des travaux de construction de l’hospice pour lépreux ordonné par le gouverneur. Beaucoup de fonds nécessaires proviennent de mécènes locaux. Ces derniers viennent apprécier ce pour quoi ils ont généreusement donné.
Ayant vécu quelque temps dans la ville, Sandro craint un peu de se faire reconnaître. Les autres décident d’entrer sans cérémonie.
Les remparts dissimulent la grosse effervescence qui règne dans la cité. Le gratin cubain n’est rien d’autre qu’une tribu de bourgeois et de riches propriétaires terriens qui se sont déguisés en nobles poudrés et emperruqués.

Aussitôt dans l’enceinte de la cité, Corentin se propose pour aller fureter du côté de l’hospice et, si la fête n’est pas prévue là, d’aller voir ailleurs. Son but étant toujours le même : laisser trainer ses oreilles et glaner des rumeurs. Il annonce qu’il se rendra à la Sirène, chez Doña Teresa pour y retrouver les autres. En fait, Sandro l’accompagne au début. Tandis que la vigie se fond parmi les badauds et les visiteurs, le médecin aborde ses compatriotes et les questionne.

Bocanegra prend la direction de la Sirène pour retrouver la trace de Christopher Winter et entendre les dernières nouvelles du gouverneur. Maugemeur, qui s’était enfermé dans la cabine pendant le trajet, prétextant un besoin d’étudier ses cartes, reste un peu en retrait, mais lui emboîte le pas.

Quant aux autres marins, ils partent écumer les tavernes du port.

À la léproserie, quelques ouvriers achèvent les travaux. Le bâtiment n’est pas terminé et il faudra encore plusieurs jours voire semaines pour accueillir les premiers occupants. Quoi qu’il en soit, l’accès au bâtiment est interdit pour le moment. D’autres curieux trainent leurs sabots dans les parages. De fait, les opinions sur l’hospice sont mitigées. Certains pensent que c’est une bonne chose pour la ville et même l’intégralité des colonies espagnoles de l’ouest. D’autres estiment que le gouverneur devrait penser à ses administrés en priorité au lieu de dépenser sans compter pour des parias.
Si l’hospice en lui-même est décrié, c’est encore pire pour la fête qui est donnée en son honneur. D’autant que la population n’est pas conviée… Elle aura juste le droit à un discours depuis le palais du gouverneur.

En se rendant dans les tavernes, les pirates remarquent un navire à deux mâts, battant pavillon français… La rade est occupée par une vingtaine de navires de guerre. Il y en a moins que lors du départ de la Flotta de Indias. Mais beaucoup d’entre eux sont des navires des douanes et des navires de guerre rapides. Il n’y a que peu de gros vaisseaux et le niveau d’entretien général laisse à désirer.
Une fois attablés et après avoir payé quelques chopes à leurs collègues de boisson, les pirates apprennent que le navire français est le Sceptre, un brick taillé pour la course. Ils apprennent aussi que Don Salmon avait demandé 35 soldats au gouverneur pour protéger le trésor récupéré. Cette demande a été reçue dans le courant du mois d’août. Il y a potentiellement eu d’autres expéditions mais aucune information précise ne circule.
Shaky retrouve la trace de Christopher Winter : il se fait passer pour Luis Garcia Mendes, un « négociant ». Il apprend aussi qu’il y a des débouchés commerciaux pour la Résurrection : un ancien boucanier manchot de Puerto Rico est assez peu regardant. Il est surnommé El Lisiado (l’estropié).

Quand Maugemeur et Bocanegra poussent la porte de la Sirène. Doña Teresa tique en les voyant et se précipite vers eux en jetant des regards apeurés tout autour. Elle les conduit dans un salon « qu’ils ont réservé ». Elle ouvre ledit salon avec une clef cachée dans son corset. Il s’y trouve une table ovale et huit chaises. Elle sort pour leur apporter des rafraîchissements puis elle revient. Elle s’excuse alors mais elle les informe qu’ils ne sont pas les bienvenus à la Sirène. Depuis le mois de juillet, le gouverneur leur a mis sur le dos l’incendie et la fusillade qui y ont eu lieu. L’avis de recherche vise notamment le « grand blond vêtu de rouge », mais ils sont aussi concernés. Teresa a été interrogée par les hommes du gouverneur. Elle n’a évidemment rien dit. Elle ajoute, pour atténuer le drame, que les portraits qui ont été dessinés ne sont pas du tout ressemblants. En souriant, elle avoue même que Bocanegra est bien plus beau en personne.
Malgré ces mauvaises nouvelles, la propriétaire de l’établissement informe les pirates que le gouverneur donne une soirée de gala en l’honneur de l’hospice. La soirée aura lieu le lendemain soir. Doña Teresa fournira une planque pour passer la nuit. En revanche, ce ne sera pas dans son établissement : outre l’avis de recherche, la Sirène est complètement occupée par les riches visiteurs.
Elle termine par une nouvelle qui fait l’effet d’un coup de canon. Le capitaine Daire est arrivé la semaine passée à la Havane, le 8 novembre. Il voulait voir Clara. Il était à bord d’un brick français en provenance de Brest.

C’est à peu près à ce moment que les autres pirates arrivent à la Sirène. Chacun partage ses informations.

Puis, à la demande de Bocanegra, Clara passe voir les pirates à la fin de son service, l’air épuisé. Moyennant quelque compensation sonnante et trébuchante, elle délie sa langue. Daire s’est déjà entretenu avec le gouverneur. Clara est contente de profiter du charmant Daire. Le coup de canon relatif à l’apparition de Daire est suivi d’une salve complète. Daire n’est pas venu seul… Il est accompagné d’un autre capitaine : Aigremont. Maugemeur esquisse un mouvement de recul au nom du capitaine. Et Bocanegra grimace. Il l’avait percé à Saint Malo, mais pas suffisamment pour qu’il meure… Le Sceptre est le navire d’Aigremont. Bien décidé à garder un coup d’avance sur ce maudit capitaine, Maugemeur allonge 100 pièces de 8 pour avoir des nouvelles d’Aigremont dès que Clara en aura. Et surtout pour qu’elle ne parle pas des pirates à Aigremont, ou à qui que ce soit. Il enjoint la belle de se méfier de cet homme. De toute façon, Clara ne l’a pas encore vu et ne le connait pas.
Maugemeur a connu Aigremont quand ils étaient tous deux corsaires sur le navire de Jacques Cassard. Ils ont fait l’école des pilotes ensemble. Aigremont a gravi les échelons à la fin de la guerre de Succession d’Espagne, puis a roulé sa bosse en tant que marchand. Lors d’une partie de jeu à la taverne, à Saint Malo, Aigremont a parié le carnet de William Dampier et l’a perdu au profit de Maugemeur. Cet épisode a conduit Maugemeur en prison, et Aigremont aux portes de la mort, avec une blessure au bras droit et une cicatrice à l’oreille accompagnée d’un « c’est de la part de Maugemeur » susurré par Bocanegra. Avant cette sombre histoire, les deux ex-corsaires étaient cul et chemise.
Et voilà qu’Aigremont, ex-capitaine marchand, arrive sur un navire de guerre en compagnie de Daire.

Afin de savoir le niveau de danger relatif à l’avis de recherche, Nathan Button se rend à la capitainerie. Il y découvre des portraits plus qu’approximatifs de van Aarde, Carpenter, Maugemeur, Bocanegra, Murphy, Champigny, Jaouen, Kabouácoüatiti, et deux ou trois autres hommes qui lui sont inconnus. Ce qui est certain, c’est que ni Corentin ni Sandro ne sont mentionnés. Le nom qui figure sur l’avis est celui que Champigny avait endossé en tant que capitaine: Charles Bouchot.

Il est temps pour Doña Teresa d’envoyer les pirates dans un genre de grange où ils peuvent passer la nuit. Mais avant, elle leur confie d’autres informations.
Don Francisco Salmon et Sebastian Mendes sont les 2 seuls capitaines de la Flota de Indias à avoir survécu aux naufrages. Don Salmon a pris le commandement de ce qui restait. Il a envoyé son pilote à la Havane pour chercher des renforts, et Mendes à San Augustin pour rapporter des vivres, des vêtements et des outils. Au début du mois de septembre, l’entreprise de Don Salmon a été qualifiée de succès. Et en décembre, des renforts pourraient être programmés pour Palmar de Ays. Les pirates ne doivent donc pas trainer.

Dès le lendemain, ils doivent poursuivre leurs activités. Il est prévu entre autres d’aller fouiner du côté du Sceptre. Corentin fera équipe avec l’Aiguille pour faire parler les marins dans les bars. Les autres tâcheront de trouver « Luis Garcia Mendes » : Winter. Le tout, en évitant Aigremont et Daire.
Quant à Bocanegra, il veut infiltrer la soirée du gouverneur.
Enfin, Maugemeur est tiraillé. Il infiltrerait bien la soirée à condition que Daire et Aigremont en soient…
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Re: [PN2] - Résumés

Message par Telenn »

Aigremont : aigre et mort (27/06/2022)

Dimanche 17 novembre 1715
Chacun se rend accomplir ses tâches. Corentin et l’Aiguille filent au port pour infiltrer les marins français et recueillir des informations.
Le Sceptre est un brick pris aux Anglais en 1704 ; auparavant il s’appelait le Nottingham. Il est taillé pour la course et est fortement armé de 21 canons. Il n’a pas beaucoup de points faibles et son état est très bon. Il est parfaitement équipé et est manœuvré par 77 hommes. Il est arrivé le 8 novembre de Brest et les pirates n’obtiennent pas la date prévue de départ. Le capitaine du brick est Aigremont. Il aurait reçu sa mission directement de l’amiral Victor-Marie d’Estrée, commandant en chef de la flotte du Ponant. Les marins ne sont pas au courant des secrets d’état, mais ils savent que c’est politique et en lien avec la mort de Louis XIV.
Brest va bien mais la mort du roi a déstabilisé le royaume, même si on s’attendait à des remous de par sa longue maladie. Philippe d’Orléans a pris la régence avec l’idée de réformer assez profondément le royaume. Il tient à s’assurer des bonnes relations avec le gouverneur de Cuba, Laureano de Torres y Ayala.

Avant d’arriver à Cuba, Torres était le gouverneur de la Floride. Il a fait construire le Castillo San Marcos à San Augustin. Puis il est redevenu gouverneur de Cuba en 1713. C’était un allié de la France contre les Anglais pendant la guerre de succession d’Espagne. Il est marié et père de trois enfants. Il est actuellement assisté de deux Alcaldes, qui gèrent les affaires courantes, administratives et judiciaires : le capitaine Mateo de Cárdeñas y Guevara et Ambrosio Menéndez.

El Lisiado, le manchot receleur, a pour nom Hernan Rodriguez.

Dans la journée, entre deux emplettes, Bocanegra apprend que Winter sera présent à la soirée. Il se choisit un nom d’emprunt pour s’introduire chez les riches de la Havane : Roberto Caballero de Murcia.

Le soir venu, Bocanegra et Roberts se rapprochent du palais, suivis de leurs « serviteurs » : Maugemeur et Kabouácoüatiti. Comme prévu, la soirée commence par un discours du gouverneur, tout en remerciements et platitudes pour flatter sa cour et le bas peuple. Il y parle aussi d’un de ses proches qui est atteint de la lèpre… C’est donc pour ce proche qu’il a lancé la construction de l’hospice. Il ajoute politiquement qu’il l’a fait pour les autres malheureux atteints aussi.

La place est fortement surveillée, et le palais verrouillé : un rat ne pourrait pas y entrer sans se faire repérer. Des marchands ambulants sont là pour que la populace fasse la fête à l’écart des bourgeois qui vont au palais pour se faire servir par les nombreux laquais et valets. Il y a environ 200 invités. La réception a lieu dans le grand hall qui dégouline d’ors et de décorations aux styles espagnol et locaux. Certains convives jurent un peu : ce sont clairement des nouveaux riches peu habitués à l’étiquette et aux manières ampoulées des cours d’Espagne.

Les discussions vont bon train et les pirates infiltrés en profitent. Le problème des pirates touche les colonies anglaises, mais les gouverneurs de ces colonies commencent à s’en plaindre. Enfin, surtout les négociants. Les Espagnols sont bien au courant de l’existence de Nassau et s’en agacent de plus en plus : les pirates sont définitivement une espèce à exterminer. Quant à l’or : une partie a été mise en sécurité à San Augustin, mais il est évident que les camps vont être attaqués. D’où les renforts qui vont être envoyés sur ces sites. La marine a besoin de temps pour s’organiser, mais ce sera fait avant la fin de l’année, ou au pire au début de 1716. 3 millions de pièces de huit auraient déjà été récupérées à Palmar de Ays. Et beaucoup plus à San Augustin. Il reste encore quelques épaves à localiser et fouiller.

Roberts essaie de répandre la rumeur selon laquelle les pirates vont plutôt attaquer les villes et pas les camps.

De son côté, Bocanegra s’approche de Cárdeñas qui parle avec un ami. Après avoir écouté quelques instants leur conversation, il s’avère que cet ami n’est autre que Luis Garcia Mendes ! Tout en parlant avec l’alcalde, Mendes semble pointer quelqu’un dans la foule. Kabouácoüatiti, qui reste en retrait, repère un homme de dos avec une longue perruque grise : Antoine Daire. Il se trouve que Mendes demande ce que fait cette personne ici. Cárdeñas répond qu’il s’agit d’un capitaine français qui a miraculeusement survécu à l’ouragan et qui est revenu de France pour s’entretenir personnellement avec le gouverneur, au sujet de la Flotta de Indias. Mendes cherche à récupérer des informations. L’alcalde ne sait rien de particulier à part que Daire aurait une mission qui tient spécialement à cœur au gouverneur.

Suite à la perte des balles de tabac lors des naufrages, la production a augmenté dans les colonies avec une flambée des prix. Le gouverneur soutient à fond le commerce du tabac. Par conséquent, les plantations historiques de Cuba (manioc, etc.) vont être remplacées par du tabac. Quand une nouvelle flotte sera prête, le tabac devra être prêt aussi. Il paraîtrait que des navires aient été affrétés d’Espagne et envoyés à l’ouest pour rapatrier l’or vers l’Espagne.

Sandro joue les docteurs en quête de travail. À Palmar de Ays, une soixantaine d’hommes venant de différentes zones est regroupée sous le commandement de Don Salmon. Des villages d’indigènes peuvent pourvoir au ravitaillement. San Augustin aussi. Les conditions sont très dures et les espagnols sont fatigués. Une relève est prévue en soldats (25) et en ouvriers, en décembre ou janvier. Elle sera acheminée par une frégate probablement escortée d’une tartane. Sur le site se trouvent 150 marins survivants et 50 esclaves : du travail à profusion pour un médecin, qui plus est un chirurgien.

Le gouverneur Torres supervise le sauvetage de l’or à distance. Il paraît qu’il serait préoccupé par la récupération d’un document ultra confidentiel à destination du roi d’Espagne (initialement confié à Don Antonio Echeverz y Zubiza, le commandant de la Nuestra Señora del Carmen y San Antonio). L’or lui importerait moins que le document… Le problème est que cette épave est plus compliquée à atteindre et explorer.

Pendant un temps, en octobre, les recherches ont été suspendues à cause des intempéries.

Quand Mendes est enfin seul, Roberts engage la conversation avec lui. Maugemeur se tient à côté avec un plateau, toujours en retrait. Roberts se fait passer pour un armateur et souhaite faire des affaires avec Mendes. Il l’entraine un peu à l’écart, puis il l’appelle Winter et lui présente Maugemeur, qui fait toujours de son mieux pour passer pour un serveur. Winter est déstabilisé un instant mais se reprend et évoque le surnom de Trompe-la-mort avec un clin d’œil. L’auberge de la Luna, où loge Mendes, accueillera un rendez-vous dès le lendemain.

En déambulant, Bocanegra repère une oreille écorchée… L’Espagnol l’observe quelques instants. Aigremont a l’air passablement éméché et continue à siroter…

La soirée tirant en longueur, le nombre de convives diminue et les risques d’être découverts augmentent.

Quand Maugemeur apprend où est Aigremont, il réussit à se maîtriser pour ne pas aller le provoquer. Néanmoins, il ne peut plus le quitter du regard. C’est Roberts qui aborde Aigremont. Après quelques échanges, Aigremont fait venir Daire qui se joint à la conversation. Lassé et peu intéressé, Aigremont lâche le groupe pour trouver plus d’alcool… Daire reprend la discussion avec Roberts en se vantant de sa survie à l’ouragan : il a bifurqué avant la tempête et pris le large plutôt que de s’engouffrer dans le canal. Il a rallié Brest sans trop de dommages, au mois d’août. La mort de Louis XIV a précipité les choses. C’est uniquement à son retour à la Havane qu’il a appris le naufrage de la flotte espagnole et a échangé avec le gouverneur en personne sur le sujet. Gouverneur qui est son ami. Il est en mission diplomatique mais semble réticent à en parler devant Aigremont. Le Griffon n’était pas prêt à reprendre la mer. C’est pourquoi il s’est embarqué sur le Sceptre… Daire loge au palais, contrairement à Aigremont qui n’est pas du même monde…

Revenu de sa journée sur le port, Corentin traine du côté du palais. Alors qu’il cherche un moyen de « visiter » la demeure du gouverneur, il repère Aigremont qui sort avant de vomir contre un mur. Corentin s’approche de lui comme un mendiant et lui fait les poches avant de se cacher. Il attend qu’Aigremont reprenne contenance et s’en aille pour le filer discrètement. Aigremont zigzague vers le port et entre dans une taverne… Mais sans bourse, il se fait malmener par le tavernier. Il jure, il s’énerve, il lève la voix quand on lui demande de régler. Puis il se fait jeter comme un malpropre et menace l’aubergiste en portant la main à sa rapière. C’est sans difficulté qu’il se fait dégager après avoir vociféré en français. Il erre lamentablement sur le port et s’étend sur les pavés du quai où il sombre rapidement dans un sommeil éthylique. Joueur, Corentin décide de lui prendre sa rapière à ce moment et sans difficulté. Il s’en va, très fier, retrouver Maugemeur pour lui faire cadeau de l’épée emmaillotée dans un linge « trouvé » en train de sécher sur une corde à linge.

Bocanegra et Kabouácoüatiti, qui ont aussi suivi Aigremont, voient la vigie dérober la rapière et décident d’aller voir l’ivrogne à leur tour. Kabouácoüatiti fait le guet : personne à l’horizon. Bocanegra s’agenouille à côté d’Aigremont et lui dit à l’oreille « Maugemeur et Bocanegra viennent finir le boulot », avant de planter sa dague à plusieurs reprises dans les côtes. Au premier coup de poignard, Aigremont se réveille pour émettre des gargouillis mêlés de sang. Sans même attendre les derniers soubresauts du capitaine, Bocanegra se relève, toise sa victime et la pousse du pied. Aigremont roule et s’enfonce dans les eaux du port, ne laissant qu’une mare de sang sur les pavés.

Toujours au palais, Maugemeur et Roberts entendent le gouverneur et l’alcalde parler de Daire. Il est en passe d’accepter la proposition de Torres. Ce dernier a l’air satisfait de cette décision.

À la grange qui sert de refuge aux pirates, tous finissent par se retrouver. Premier arrivé, Corentin apprend de Kabouácoüatiti qu’il détient l’arme d’un mort et qu’il devrait se méfier car cela peut porter malheur de s’en servir… Corentin est abasourdi : il avait pris la rapière dans l’espoir que Maugemeur puisse s’en servir lors de sa vengeance envers son ancien ami.
Quant à Trompe-la-mort, en apprenant qu’Aigremont n’est plus, il est tiraillé entre le soulagement et le dépit de n’avoir pu se venger lui-même. En revanche, il est ému du cadeau de Corentin. Ne voulant pas utiliser la rapière, il annonce qu’il a l’intention d’exposer ce trophée dans la cabine de la Résurrection. Il demandera à Carpenter de confectionner un étui à la hauteur de la qualité de l’arme et du prestige qu’elle représente pour l’équipage.
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Telenn
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Re: [PN2] - Résumés

Message par Telenn »

La prise de Palmar de Ays (27/08/2022)

Lundi 18 novembre 1715
C’est dans la journée qui suit la soirée du gouverneur, que Maugemeur, Bocanegra et Roberts rencontrent le receleur El Lisiado, dans une taverne du port. Ils essaient de lui vendre la frégate. El Lisiado exige 60% de la revente. Les négociations s’entament avec pour objectif de démarrer des relations à long terme. Un petit jeu de celui qui pisse le plus loin se joue entre le receleur et Maugemeur. Pendant ce temps, Bocanegra insiste sur le fait que ce n’est qu’un début et que la frégate, c’est juste pour se mettre en jambes. Impressionné et joueur, El Lisiado propose de descendre sa part à 50%. Maugemeur accepte à 55% volontairement. Encore plus intrigué, le receleur demande à servir le meilleur rhum pour la table, appuyé par Maugemeur qui ne veut pas être en reste. Les pirates et le receleur discutent ensuite de manière plus ouverte sur d’autres sujets. El Lisiado se réoriente actuellement sur le commerce de tabac, ce dernier étant en vogue à la Havane ces derniers temps. Bocanegra évoque la Flota de Indias. Mais les pirates n’apprennent rien de plus de leur nouvelle relation. En revanche, certaines informations sont déformées.
Les pirates apprennent, ou confirment, que Jennings est l’ami d’un ami d’El Lisiado : un certain Luis Garcia Mendes. C’est-à-dire Winter. Son intention est d’attaquer les espagnols. En dehors de ces affaires, El Lisiado n’a pas l’air d’apprécier Winthorpe. Il affirme que ce chien ne respecte jamais sa parole.
Lorsque le groupe se sépare, El Lisiado confirme qu’il enverra un homme à Nassau pour inspecter la frégate. Il a des relations à Santo Domingo et à San Juan de Puerto Rico.

Pendant ce temps, Corentin profite de sa journée pour se faire faire une boucle d’oreille en or chez un orfèvre de la Havane.

Le soir, à l’auberge de la Luna, un établissement cossu qui tranche avec le reste du quartier, les membres du conseil de la Résurrection présents à la Havane font la connaissance officielle de Winter. Il est élégant et surtout il n’est pas seul. Il est venu avec un espagnol qu’il présente comme son intendant : le señor Jose Mirallas, qui n’est autre que son second. Maugemeur lui propose d’intégrer l’entreprise de récupération de l’or. Trompe-la-mort explique un peu le plan. Winter est dubitatif sur les possibilités de coordination entre Hornigold et Jennings. Corentin lui répond que vu qu’il connait bien les deux, il pourrait servir de lien entre les deux capitaines. Winter est honoré de l’attention que les pirates lui portent mais il a peur de mettre en danger sa position avec les autorités de la Havane. Ce qu’il essaie de bâtir à la Havane va au-delà de quelques pièces. Mais Roberts lui rappelle que le butin serait de 3 millions de pièces de huit. Revoyant sa position, il insiste un peu sur le fait qu’il ne veuille pas se griller en se faisant reconnaître par des renforts espagnols, par exemple. En revanche il pourrait œuvrer pour huiler les rouages. Il réclame une part quand même. Convaincu par le groupe, Winter demande une semaine pour retrouver le Revenge et se rendre à Nassau.

Les principales missions étant accomplies, les pirates rentrent au bercail.

Dimanche 24 novembre 1715
La Résurrection subit un grain en arrivant à Nassau. Maugemeur utilise ses compétences de navigateur pour que le second, Bocanegra, dirige la manœuvre et guide parfaitement le navire dans le port. L’équipage resté sur l’île, réduit à cause de la pluie, accueille la Résurrection. Les nouvelles données par Carpenter sont un peu décevantes : seul l’équipage de la Résurrection a travaillé l’expédition : charpenterie, tactiques de combat, mousquet… Les autres n’ont pas particulièrement bossé : ils se sentent supérieurs et expérimentés. Ce qui n’est pas complètement faux…

Lundi 25 novembre 1715
La pluie cesse dans la nuit. Le soleil écrase les pauvres habitants. Maugemeur, Bocanegra et Carpenter vont faire un rapport détaillé à Jennings, Hornigold, Wills et van Aarde. Winter va venir mais ne participera pas directement, sauf en cas de nécessité. Hornigold et Jennings sont agréablement surpris. Ils n’y croyaient pas trop à cause des relations de Winter avec Cuba. Hornigold semble laisser filtrer de l’admiration vis-à-vis de la réussite de la mission.

Une rencontre formelle sera organisée quand Winter sera là.

De son côté et pour finaliser son petit objectif personnel, Corentin va voir Velasquez pour se faire percer l’oreille. Il peut désormais arborer fièrement sa boucle d’oreille toute neuve, en espérant bien qu’elle lui permettra d’être encore plus efficace à son poste de vigie.
Puis il part faire un tour chez les indiens des marais pour participer à l’apprentissage de leurs techniques qui tournent autour de rituels magiques lorsqu’ils s’enduisent de boue ou de vase pour se fondre dans l’environnement et provoquer la peur chez leurs proies. Ils allient la surprise avec des tactiques de guérilla, entremêlant harcèlement et retraite organisée. Corentin pratique avec beaucoup d’enthousiasme.
Le soir, il rend visite à N’Doumba qui veut s’engager et signer la chasse-partie, tout comme bon nombre d’anciens esclaves qui n’ont pas vraiment d’autres choix de carrière sur cette île peu propice à l’agriculture.

Vendredi 29 novembre 1715
Winter arrive enfin à Nassau. Ce qui donne l’occasion d’organisée une nouvelle orgie sur la plage.

Samedi 30 novembre 1715
Une nouvelle réunion des conseils pirates peut avoir lieu. John Wills est nommé maître de cérémonie. Tout d’abord, Hornigold remercie l’équipage de Maugemeur pour avoir permis l’organisation de cette réunion. Winter modère ces propos car il n’a encore rien décidé. Il n’est affilié à aucun groupe de pirates en particulier.

Observant les différentes factions, Carpenter constate qu’Hornigold et van Aarde semblent se montrer un profond respect.

Winter reprend. Il met un navire à disposition pour l’expédition. De son côté, il restera en retrait et agira en soutien, au besoin. Et il se porte garant des relations entre Hornigold et Jennings. En contrepartie, il exige une part équivalente aux autres sur le butin.

Jennings propose d’attaquer pendant les fêtes de la nativité parce que les espagnols seront plus occupés et relâchés. Van Aarde ne veut pas que les Calusas servent de chair à canon. Hornigold veut attendre janvier pour rallier encore plus de capitaines, d’autant que les Espagnols n’auront certainement pas le temps d’envoyer les renforts prévus.

À la mention des renforts français en la personne de Daire ainsi que le document de Torres, van Aarde se montre extrêmement intéressé mais les pirates partis à la Havane n’en savent pas plus. Selon lui, le document peut avoir un lien avec les bijoux de l’infante d’Espagne.

Wills et van Aarde ne sont pas chauds pour retarder. Jennings estime que 200 pirates de plus réduiraient la part de chacun.

Thatch propose une attaque brutale et massive par la mer sans attendre. Cockram abonde dans son sens. Cela déplait à Hornigold. Jennings et Wills désapprouvent l’attaque brutale vu qu’un objectif est la perte minimum de pirates.

Jennings propose de partir le 10 décembre et de faire une halte à Bimini. De là, des éclaireurs peuvent partir sur Palmar de Ays. L’avantage supplémentaire de Bimini est de pouvoir prendre les renforts espagnols au piège, voire de se servir des prises pour approcher les camps.

Thatch essaie de savoir pourquoi il y a un différend entre Maugemeur et Winthorpe : fourbe, traître, violent sans raison.

Revenant au sujet principal de la réunion, Kabouácoüatiti propose que les éclaireurs partent en avance et retrouvent le reste de la flotte à Bimini pour éviter de perdre plus de temps que nécessaire. Cette proposition est validée par tous et le plan est ainsi arrêté.

La chasse-partie est décidée : chaque pirate participant à l’expédition recevra une part, comme s’il s’agissait d’un seul équipage sur plusieurs navires.

Lundi 2 décembre 1715
C’est le départ des éclaireurs : de Gelukkige et la Résurrection, qui embarque un homme compétent pour l’infiltration, provenant de chaque équipage.

Avant le départ, van Aarde vient souhaiter bonne chance à Maugemeur et lui donne rendez-vous à Bimini.

Samedi 7 décembre 1715
Arrivée sur les Keys de Floride. Van Aarde mouille sa frégate et fait mettre à l’eau chaloupes et canots avant de remonter les rivières, guidé par les indiens des marais et les Calusas.

La Résurrection approche de Palmar de Ays. Tout d’abord, les pirates observent les navires ancrés aux abords. Tout semble être comme van Aarde l’avait indiqué. Il y a une flûte, une goélette franche et une tartane.
La flûte présente un chargement assez important. C’est une petite flûte marchande en assez bon état, d’une cinquantaine de mètre de long qui doit pouvoir embarquer 800 tonneaux au maximum. Seuls les hommes de quart sont visibles : une dizaine. Il faut 25 hommes pour manœuvrer un navire de ce genre.

La tartane est armée en guerre. Les espars sont faits en bois recherché. Elle doit être difficile à réparer, mais est en parfait état. Si elle est prise, la démâter et garder tous les espars pour les revendre permettrait un bon profit. C’est un navire très léger, rapide et muni d’avirons. Il doit être affecté à la protection de la flûte. À bord, l’équipage est conséquent et en effervescence. Des ordres sont donnés. Les pirates constatent que la tartane entame des rondes dès l’aube.

La goélette franche (patache) semble taper dans l’œil de Maugemeur. Son état est excellent et elle est armée pour la guerre : elle présente 14 sabords. L’équipage est aussi en effervescence : Les pirates assistent à la mise à l’eau d’un canot.

Si les navires présentent de l’activité, il n’en est rien sur les épaves et les ilots.

Les éclaireurs descendent à terre et se faufilent plus ou moins discrètement jusqu’à la lisière de la végétation proche du camp principal des Espagnols.

Le camp est entouré d’une palissade en bois de deux mètres de hauteur, fabriquée avec les restes des navires échoués, surtout la Nuestra Señora de la Conceptión). Des feux marquent l’entrée ainsi que quelques autres points à l’extérieur et à l’intérieur du camp. Des pierriers ont été installés à l’entrée. Le camp commence à sortir de sa torpeur, surtout dans les couches des Calusas qui se font réveiller par les Espagnols.
Le reste du camp présente une tente montée en dehors de la fortification avec un sous-officier de marine et 2 plantons dont un qui surveille une toute petite partie de la palissade. L’agitation commence de ce côté du camp : les soldats et marins se réveillent, prennent un petit-déjeuner avant de se disperser, sous les ordres d’un officier.

Pendant la journée d’observation, les pirates assistent aux allers-retours des navires, marins et Calusas qui plongent sur les épaves, ressortent des marchandises, les chargent sur les canots et chaloupes, qui eux-mêmes viennent déposer leur chargement sur la plage où des marins trient les découvertes avant que celles-ci ne soient rechargées sur des annexes envoyées vers la flûte pour entasser le tout. Une tente sert à stocker les trouvailles les plus précieuses. Elle est sévèrement gardée à l’intérieur du camp, mais aussi à l’extérieur : c’est la vocation de la tente située au nord.
Pendant ce temps, la tartane continue à naviguer de manière aléatoire mais toujours au large, tout en s’attardant autour de la flûte à chaque passage. La goélette reste faire des rondes uniquement entre les ilots.

Parmi les indiens, l’un semble jouer le rôle d’interprète : il pourrait servir de point de contact aux pirates pour l’attaque terrestre. Il semble qu’il y ait 40 Calusas dont certains malades. Mais ces malades sont exécutés dès qu’ils ne sont plus bons à la tâche.
Il y a aussi 30 marins dans le camp. Plus tous ceux qui dorment sur la goélette.

En termes d’armement, la goélette est équipée de 15 canons (pièces de 4 et 6) ; la tartane est équipée de la même façon. Quant à la flûte, elle possède 14 pièces de 4 et 6. Sur la plage, trois pièces de 18 sont mises en batterie face à la mer et des pierriers défendent la terre.

Le Bras se propose pour enclouer les canons en arrivant à la nage le jour de l’attaque. Le groupe se demande quel navire saboter : la tartane car c’est la plus rapide ; la goélette car elle présente le plus gros danger pour l’attaque terrestre et la prise à revers des navires pirates. Cela restera une décision à prendre par les capitaines pirates réunis, de retour à Bimini.

Vendredi 13 décembre 1715
Forts de leurs informations, les éclaireurs retournent à Bimini et font leur rapport aux autres pirates qui sont déjà là.

Il est décidé de saboter la goélette. Une charge sera placée sur le gouvernail et les haubans seront cisaillés. L’explosion de la charge servira de signal aux pirates pour démarrer les attaques par mer et sur la terre. Trois navires coinceront la tartane en l’encerclant. Emdswijk sera chargé de mettre la flûte hors d’usage avec de Gelukkige.
Pendant ce temps, les Calusas et des pirates envahiront le camp par la terre tandis qu’un petit navire de débarquement enverra des renforts par la plage. La Résurrection viendra s’occuper de la goélette pour l’empêcher de nuire.

Lundi 16 décembre 1715
Van Aarde revient à Bimini : il a réussi à rassembler 80 guerriers Calusas. Ils stationnent à une demi-journée de marche du camp espagnol.

Jeudi 19 décembre 1715
La flottille pirate rejoint les côtes de Floride à proximité du rendez-vous avec les indiens qui sont déjà là. Les troupes terrestres débarquent.
Tous se souhaitent bonne chance en attendant l’explosion qui déclenchera l’attaque.

Les troupes progressent lentement jusqu’au campement de Palmar de Ays.

Dans la nuit du 19 au 20 décembre 1715
C’est le départ depuis la plage pour le commando de sabotage composé de Corentin, Le Bras et huit hommes. Arrivé sous la poupe de la goélette, Corentin vient placer les charges au niveau de l’arbre de gouverne. Les autres, menés par Le Bras, viennent saboter les cadènes, juste assez pour qu’elles cèdent aux premières manœuvres. Le compte à rebours étant lancé et n’arrivant pas à nager suffisamment vite, Corentin se fait aider par Le Bras. Sur le chemin du retour, le commando entend un gros boum. Le signal est donné.

De Gelukkige manœuvre et tire sur la flûte. Le grand mât est bien abîmé.
Hornigold et Cockram fondent sur la tartane ; Wills, est en retrait, suite à une mauvaise manœuvre. La tartane est coulée par le premier tir sur sa poupe par les canonniers de Thatch. La Résurrection défonce la hune de la misaine de la goélette.

Sur terre, Le Poileux fait exploser la tête de Don Salmon au tout début du combat et répand de la pulpe aux alentours. Kabouácoüatiti profite d’un tas de bois posé devant le camp pour s’élancer et sauter par-dessus la palissade. Il atterrit en fendant en deux un soldat espagnol paniqué. Bocanegra ferraille avec Juan Miguel à l’entrée du camp. Carpenter se prend une balle de mousquet dans le bras et réplique à la hache en faisant tomber son ennemi à la renverse. Bergson se prend une balle qui le blesse à la tête. L’Aiguille met un adversaire hors combat. Les Calusas prisonniers se rebellent particulièrement violemment contre leurs tortionnaires.

La victoire est rapide et écrasante. À part quelques pirates tombés... La goélette se rend. Les soldats déposent les armes. Un gigantesque tas est constitué au milieu du camp. Corentin reste méfiant devant cette victoire « trop facile ». L’interprète Calusa vient prendre un trophée sur le cadavre de Don Salmon : son appareil génital.
Devant les débordements, les capitaines présents tentent de mettre de l’ordre dans leurs équipages. Van Aarde surprend un pirate espagnol de son équipage s’en prendre violemment à un prisonnier espagnol. Il le perce de sa rapière en disant « on a dit que ça suffit ! ». Les rares prisonniers survivants sont entassés dans des tentes. Les Calusas se regroupent à l’écart du camp. Ils sont rejoints par van Aarde. Kabouácoüatiti braque les réserves des Espagnols pour partager avec les Calusas prisonniers.

La visite de Bocanegra dans la tente à prises précieuses révèle les marchandises : épices, colorants, or, documents. Parmi ceux-ci, il trouve des morceaux de papier dont une page peu lisible à cause de son séjour dans l’océan.

« (…) de notre affaire en très haut lieu, il m’est devoir d’enquérir Votre Majesté Très Catholique que nos archives de Lima ont dévoilé un savoir fortuit dont je me réjouis très assurément. S’il s’avère que les richesses du dernier des Incas promises au Marquis de Los Atabillos existent bel et bien en ce monde, il se pourrait que l’énigme conduise Votre Majesté Très Catholique vers ce dont toute la Castille a rêvé depuis que ces terres sont nôtres. Les récits dont font état les fidèles de l’Ordre des Prêcheurs sont quelque peu hasardeux mais laissent entrevoir que ce que seul Dieu a pu créer git enfoui sur les terres que traverse le Rio des Amazones. À ce point il me semble opportun de poursuivre l’ouvrage dans les archives de Sevilla, lesquelles sont mentionnées par les récits de notre Saint Église à la gloire de nos augustes ancêtres. Si Votre Majesté Très Catholique (…) »

Bocanegra se souvient que le Marquis de los Atabillos n’est autre que Francisco Pizarro.

Sur le sort des prisonniers, Thatch se prononce pour l’exécution. Il est soutenu par quelques autres mais la majorité est pour laisser le choix : piraterie ou rester sur la plage.

Les marchandises sont toutes embarquées sur les différents navires. Y compris les pièces de 18 qui pourront être mises en batterie dans le fort de Nassau.

Les pirates quittent Palmar de Ays quand la nuit tombe.

Samedi 28 décembre 1715
Arrivée à Nassau. Pendant le trajet, Bocanegra révèle au conseil de la Résurrection sa trouvaille à propos des richesses du dernier des Incas. La décision est prise de partager avec l’ensemble des conseils pirates.

Quand l’information est diffusée, van Aarde demande à voir le document et s’empresse de le lire. Il est captivé par ce qu’il apprend. Pour lui c’est une légende, mais il a les yeux qui pétillent. Il n’est pas le seul à être intéressé. Hornigold mais aussi Winter. Même si ce dernier ne semble pas convaincu de la réalité du trésor.

À la grande loterie pirate, Corentin gagne une dague d’apparat faite pour les escrimeurs. Il en fait cadeau à Bocanegra. Kabouácoüatiti, qui a reçu des instruments de navigation, offre une longue vue à la vigie. Carpenter offre un fusil de boucanier à Corentin. Au désarroi complet du charpentier, la vigie lui donne alors 600 pièces de huit… Jaouen reçoit de la cardamome en grande quantité.
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